Avoir des plantes pour le jardin revient relativement cher si l’on doit tout acheter. Alors pourquoi ne pas essayer la multiplication soi-même…

Mes iris sont tellement enchevêtrés que les mauves herbes y prolifèrent impunément. Par ailleurs, les fleurs sont plus petites. Que faut-il faire ?

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Fleurs d’iris dans un massif

Septembre est un mois excellent pour diviser les touffes. Pour cela, déterrez les plantes au moyen d’une fourche-bêche et secouez la terre. Coupez proprement au couteau les extrémités des rhizomes, généralement pourvus de feuilles et même de racines. Jetez au compost le centre des touffes. Replantez immédiatement les nouveaux tronçons dans un autre coin du jardin, dans une terre travaillée et enrichie. Plantez à fleur de terre, en étalant les racines de part et d’autre, sans recouvrir de plus de 5 cm de terre fine. Arrosez abondamment. Pour obtenir un bel effet, regroupez les jeunes plants par masses d’au moins trois à cinq sujets, voire plus. Pour éviter de voir la terre nue, plantez en même temps un saxifrage ou un sédum nain au pied des iris. Les variétés naines sont très jolies quand elles s’échappent d’un tapis d’acaena, une plante de Nouvelle-Zélande, qui ne dépasse pas 5 cm de haut et affiche un feuillage fin.

J’aime les lis à la folie mais ils ne sont pas donnés, et les gros bulbes ne se dédoublent même pas chaque année. Que faire ?

Les bulbes de lis sont constitués d’écailles plus ou moins serrées autour d’un axe. En récupérant chacune de ces écailles, vous pouvez obtenir un bulbe nouveau en quelques années. Procédez comme si vous vous régaliez avec un artichaut, et repiquez les écailles, bien droites, dans un mélange de sable et de tourbe, dans des terrines en plastique. Recouvrez d’une vitre et placez sous châssis ou en serre à peine chauffée. Pendant l’hiver, un minuscule bulbe apparaît à la base des écailles, qui donne naissance à une feuille au printemps. Le bulbe grossira encore, atteignant la taille d’un petit pois, et à la fin de la deuxième année, sera gros comme un œuf de caille. Repiquez alors dans un coin du potager pour le faire encore engraisser, puis placez à demeure dans vos massifs. C’est peut-être long mais garanti, à condition de surveiller les limaces et les criocères, des insectes rouges et noirs très voraces. En général, à partir d’un bulbe on obtient une vingtaine de nouveaux sujets.

Comment bouturer des arbustes quand on ne dispose pas de serre perfectionnée ?

jardin-automne-bouturage-bouture-planteProfitez du temps clément de la fin août et du début septembre. Commencez par récupérer des grands bacs à poisson en polystyrène chez votre poissonnier. Percez une dizaine de trous supplémentaires et remplissez aux deux tiers avec un mélange de sable et de tourbe. Beaucoup d’arbustes présentent à cette époque un bois mi-tendre mi-dur à l’extrémité de leurs rameaux. Coupez sur 30 cm de long, puis, à l’aide d’un sécateur bien affûté ou d’un couteau tranchant, réalisez vos boutures : elles présenteront deux étages de feuilles. Coupez juste en dessous de celui du bas et deux centimètres au dessus de celui du haut. Coupez le feuillage par moitié, puis enterrez les boutures de trois centimètres au moins. Arrosez abondamment pour serrer la terre autour des boutures, qui seront disposées à deux doigts les unes des autres. Recouvrez d’un voile de forçage ou à défaut d’un voilage fin genre tulle ou vieux rideau en tergal. Arrosez tous les trois jours, à petites doses et en pluie fine.

Retirez les boutures pourrissantes. La reprise a lieu selon les espèces au bout de deux ou trois semaines, et se manifeste par le démarrage de nouvelles feuilles. Conservez les boutures dans leur bac, celui-ci étant recouvert en hiver d’un tunnel plastique ou directement rentré sous châssis ou sous serre froide. Vous ne repiquerez dehors ou en pot qu’à la fin du printemps, en mai ou même carrément en juin, et jamais en mars. A ce moment, enterrez encore la bouture de quelques centimètres de façon que seuls les nouveaux rameaux émergent. Arrosez régulièrement la première année. Réussite quasi assurée avec les seringats, cotonéasters, deutzias, cornouillers, weigelas, spirées, forsythias, abélias, chèvrefeuilles, lauriers, aucubas, elӕagnus, choisyas et même la plupart des variétés de rosiers.

Mon voisin a un secret pour multiplier les groseilliers et cassissiers mais refuse de me le dévoiler. De quoi peut-il s’agir ?

Il y a de fortes chances pour que ce jardinier émérite pratique le bouturage de bois dur. Cela consiste à tailler dans des touffes adultes des rameaux de l’année, au moment où les feuilles tombent. Coupez net juste au dessous d’un bourgeon, et à quinze centimètres plus haut. Chaque bouture sera ensuite plantée profondément, de façon que seuls 2 à 3 cm de tige émergent du sol. Celui-ci sera enrichi en sable. Tassez gentiment avec la main ou le pied puis arrosez. Pas besoin de protection hivernale. Supprimez à la fin du printemps les boutures n’ayant pas repris, puis déterrez les jeunes plants à l’automne pour les mettre en place définitivement. Ils n’auront alors que 10 à 15 cm de haut, mais vous les enterrerez de presque toute leur hauteur, de façon que des racines naissent sur ce jeune bois. Beaucoup de spirées, de viburnums, de saules, de peupliers, de cotonéasters, de cornouillers, de deutzias… se multiplient ainsi, de même que les cassissiers et groseilliers.

Comment constituer rapidement une jolie bordure, quelle plante faut-il bouturer pour cela, et de combien de pieds faut-il disposer au départ ?

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Bordure de buis

Le mot rapidement exclut le buis qui demande deux ou trois ans pour s’installer, mais de façon permanente il est vrai. Des campanules naines issues de semis ou de division de touffe en cette époque seront jolies dès la fin de l’été prochain et superbes au printemps suivant. La Germandrée et le thym feront beaucoup d’effet en un an. Il faut compter une vingtaine de boutures par pieds mères, que vous ferez enraciner en moins d’un mois en cette époque, pour les installer en place en octobre au sud de la Loire, et en avril dans les régions au climat plus rude. La bordure s’étoffera pendant l’été et sera impeccable l’année suivante. Par la suite, il suffira de tailler après la floraison pour en assurer la netteté. Des œillets mignardises bien serrés, tels qu’on les voit dans les jardins de grand-mère peuvent faire l’affaire. Prélevez des boutures dès le mois de juillet. Plantez-les à demeure en septembre, pincez à plusieurs reprises au printemps pour étoffer les touffes.

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