Koelreutheria ou savonnier et albizzia ou arbre de soie ne vous disent peut-être rien, mais ils feraient bien dans votre jardin d’ornement.

Koelreutheria

En 1764, le comte George Coventry découvre le savonnier en Chine. Il y était fort respecté auprès de la tombe des mandarins. On pouvait encore le trouver en Corée, à Formose ainsi qu’aux îles Fidji. En 1789, le savonnier est installé chez les Vilmorin dans le parc de Verrières. Baptisé en l’honneur de Joseph Gottlieb Koelreuter, professeur d’histoire naturelle à Karlsruhe, le savonnier n’a pas les vertus des vrais savonniers (Sapindus) dont la pulpe des fruits est utilisée comme savon naturel en Inde.

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Savonnier avec ses fleurs colorées attirant les abeilles

Le koelreuteria est un arbre superbe de 10 m de hauteur, au port tortueux, à la cime aplatie. Les grandes feuilles en palmes (entre 30 et 45 cm) sont composées, imparipennées : de chaque côté du rachis se disposent face à face 3 à 7 folioles ovales très découpées. Au bout du rachis, la dernière foliole légère est allongée. En juillet-août, il se couvre de panicules coniques (45 cm) dressées au bout des rameaux. Composées de fleurettes à 4 pétales d’un jaune vif marqué de rouge, elles embaument et attirent les abeilles en un ballet vibrant. A l’automne, le savonnier jaunit et perd son magnifique feuillage raffiné. Les fruits sont mûrs, curieuses capsules en forme d’œuf. Elles sont d’abord vertes puis brunes à maturité. Chaque capsule contient 3 graines rondes et noires dont on faisait en Asie des chapelets.

Chez les koelreuteria paniculata var. apiculata, les jeunes pousses, les feuilles, les nervures se couvrent de duvet. Alors que les deux premiers savonniers sont rustiques, koelreuteria integrifolia doit être adopté dans les régions les plus chaudes de France. Ses feuilles sont beaucoup plus grandes (60 cm de longueur et de largeur) que celles du savonnier de Chine et plus compliquées car chaque foliole est également pennée. Les fleurs, d’un jaune brillant se marquent de pourpre. Quant aux fruits, ils virent du rose au pourpre. Les savonniers aiment les sols légers, supportent la sécheresse en été ainsi que les gelées hivernales. Ils adorent le soleil mais son malheureux à l’ombre. Pour les multiplier, utilisez le semis, des graines sitôt après la maturité ou le bouturage. Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver des jeunes plants au pied d’arbres adultes, déjà munis de solides pivots.

Albizzia

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Albizzia Julibrissin ou arbre de soie en fleurs

L’un des plus beaux dans la série des arbres à palmes, l’arbre de soie, albizzia julibrissin, était adopté et cultivé à Constantinople où il fut découvert par un naturaliste italien, Filippo degli Albizzi. Rapporté en Italie, il parvint par ce biais en France et fut installé en pleine terre au Jardin des plantes en 1804 seulement. Lui aussi est chinois, mais son aire de répartition atteint l’Iran. Julibrissin est d’ailleurs son nom persan. L’albizzia atteint une douzaine de mètres de hauteur et se couronne de palmes d’une grande légèreté, longues de 25 à 45 cm. Huit à douze paires de folioles sont elles mêmes divisées en minuscules petites feuilles vert clair, bien séparées les unes des autres. Ces feuilles ravissantes se replient pour s’endormir la nuit, ce qui souligne, si besoin est, la parenté avec les Légumineuses : l’acacia et le robinier ne font pas autrement. Ces feuilles à l’ombre légère apparaissent tard, vers le 15 mai, et tombent tôt en octobre. En juin-juillet, des plumes roses et douces piquent la surface de l’arbre. Ce sont des fleurs à calice tubulaire et petites corolles vert clair. Pas de quoi s’émerveiller en soi, mais les étamines très longues, très nombreuses et rose vif à leur extrémité, forment des houppettes caressantes. Quant aux fruits de l’albizzia, ce sont des gousses plates de 15 cm de longueur mûrs de septembre à novembre. Les arbres de soie poussent lentement à Paris, comme au square de Charonne ou au jardin des enfants des Halles. Ils sont beaucoup moins paresseux en climat doux car ils aiment le soleil et préfèrent les étés longs, leur bois alors bien lignifié traversent aisément les hivers. A l’instar des robiniers, l’albizzia craint les grands vents, mais supporte à peu près tous les sols. Evitez-lui cependant les sols trop secs. Rapportée de Corée en 1918, la forme « Rosea » est réputée pour sa rusticité et pour le ton rose vif jusqu’à la base des étamines. Deux autres formes sont apparues en France : « Cyrano » à floraison rose soutenu et « Ombrella » un peu plus vigoureux que le type et dont la floraison est d’un ton plus foncé. La multiplication de l’albizziaa lieu par semis des graines à maturité. N’oubliez pas de les scarifier jusqu’à distinguer les craquelures de l’enveloppe. Les variétés doivent être greffées.

 

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