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Personne n’aurait pu prédire, il y a deux siècles à peine, le prodigieux succès que devait rencontrer une fleur venu de la lointaine Chine. Voici nos réponses aux principales questions que l’on peut se poser sur les chrysanthèmes.

 

Quelle est la différence entre le chrysanthème et la marguerite d’automne ?

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Crédit photo : Thitirath Kinaret

La dénomination « marguerite d’automne » correspond à des variétés de chrysanthèmes rustiques. Les horticulteurs évitaient ainsi d’accoler la fâcheuse réputation de fleur mortuaire à des plantes tout à fait sympathiques. Par ailleurs, le genre Chrysanthemum a subit beaucoup de remaniements botaniques ces derniers temps, ce qui n’est pas pour simplifier les choses.

Les chrysanthèmes appartiennent à la même famille que les reines-marguerites, les asters ou les camomilles, les Astéracées. Ce que nous appelons fleur est donc en fait une inflorescence, un capitule, chaque « pétale » étant le calice d’une fleur.

 

A quand remonte la culture du chrysanthème ?

Cinq cents ans avant notre ère, Confucius évoque déjà le chrysanthème, et fait de l’automne « sa gloire dorée ». Dix siècles plus tard, un cultivateur et écrivain quelque peu épicurien, Tao Ming-Yang, s’en occupe avec passion. Sa ville natale prit même le nom de Ville des chrysanthèmes, Chu Hsien. Des collections de plus de 160 variétés n’étaient pas rares.

Même engouement au Japon, où cette fleur figure sur le sabre d’un empereur du XIIe siècle.

Pierre Loti parle longuement du chrysanthème dans ses récits de voyage.

 

Comment sont obtenues les têtes énormes des chrysanthèmes que l’on admire dans les expositions ?

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Crédit photo : Margrit – flickr

Même si le goût pour ces fleurs de chrysanthème XXL est passé de mode, il faut admirer le talent qui préside à leur obtention : on part de boutures de l’année, réalisées dès le mois de janvier, sous serre. On ne garde qu’une tige, en éliminant les pousses secondaires. Un seul bouton est conservé, le bouton-couronne. Tout le secret consiste à obtenir ce bouton au bon moment pour que la floraison coïncide avec une exposition.

Il est vrai qu’aujourd’hui la connaissance des besoins en lumière, la durée de la nuit en particulier, aide beaucoup à diriger la future floraison. C’est ainsi que des serres entières sont obscurcies pendant des durées précises pour simuler l’approche de l’automne. C’est ce que l’on appelle la technique du « photopériodisme ».

 

 Quelle terre convient le mieux aux chrysanthèmes ?

Un mélange assez consistant de préférence : 2/3 de bonne terre sableuse, 1/3 de terreau enrichi avec du fumier déshydraté. Vous remarquez que les pots de chrysanthèmes pèsent toujours assez lourd. Il est recommandé de rempoter deux fois pour finir dans un pot de 20 cm de diamètre. Laissez toujours deux à trois centimètres vide au-dessus de la terre pour pouvoir arroser commodément pendant l’été.

Le chrysanthème est t un grand assoiffé, et vous profiterez d’un arrosage tous les quinze jours pour apporter également de l’engrais soluble, spécial fleur. Une astuce de nos Anciens consistait à remplacer les trois centimètres de terre à la partie supérieure du pot par un compost neuf. Le surfaçage, réalisé en août-septembre, donne une vigueur accrue aux plantes, au moment où les boutons se forment.

Comment employer les chrysanthèmes au jardin ?

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Crédit photo : chengpeng1978

Tout d’abord, évitez les variétés à grosse tête qui paraissent déplacées. Créez des groupes d’une dizaine de sujets, choisis dans des coloris orange, jaune ou rouge, qui accompagnent au mieux les couleurs automnales des arbustes.

Mariez les chrysanthèmes aux anémones du Japon et aux asters pour des harmonies subtiles en vieux rose et mauve tendre, avec l’appoint du feuillage argenté des oreilles d’ours qui ne sont jamais aussi belles qu’en automne.

Parfois, les chrysanthèmes poussent tout en hauteur, ce qui les prédispose à s’effondrer au moment de la floraison, à moins qu’on les tuteure, ce qui est toujours vilain. Il vaut bien mieux les pincer à mi-hauteur en été, ce qui retarde leur floraison mais augmente en contre partie la densité des touffes.

 

 

Avec la participation de Jean-Paul Imbault

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