On vous a offert un bonsaï pour les fêtes. Sympa, mais qu’en faire ? Voici nos réponses aux questions les plus courantes concernant l’entretien des bonsaïs.

Comment distinguer un bonsaï d’intérieur et un bonsaï d’extérieur ?

Il n’existe pas d’arbre d’intérieur, tous sont conçus pour vivre en plein air. Mais comme les essences tropicales ne supporteraient pas de passer l’hiver dehors sous nos climats, l’idée est venue de les travailler en bonsaï pouvant vivre enfermés, sous certaines conditions. Un bonsaï provenant d’un magasin spécialisé sera accompagné d’une fiche précisant son essence, sa catégorie, l’année du prochain rempotage à effectuer ainsi que d’autres conseils. Des livres illustrés de bonnes photographies permettront de trouver, à la forme près, les références de son propre bonsaï.

 

Quels sont les premiers gestes d’entretien pour le bonsaï ?

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Crédit photo : Jennifer Boyer

L’arrosage et les pulvérisations sont de loin les plus importants, ainsi que l’administration d’engrais selon les saisons. Vient ensuite la surveillance attentive pour agir dès le début d’une attaque cryptogamique ou de ravageurs, phénomène fréquent sur un bonsaï d’intérieur mais d’autant plus rare qu’on maintiendra une propreté sans négligence : feuilles, branches, tronc, sol.

Enfin, la taille d’entretien du bonsaï pour conserver la structure d’origine et permettre à la lumière de pénétrer entre les branches, jusqu’au tronc.

 

A quelle cadence faut-il arroser un bonsaï ?

Il n’y a pas de cadence spécifique. L’arrosage du bonsaï doit être approprié à l’essence, à l’âge de l’arbre, au volume du pot, à l’environnement : air, lumière, température et, pour un même arbre, aux conditions régionales et saisonnières. L’arrosage comprend bassinage et pulvérisation, sans plus. Un bonsaï ne doit pas être baigné ni immergé. Ce serait le condamner à mort à moyenne échéance.

Si votre arbre est empoté dans la vraie pâte à modeler, l’eau va rouler en surface sans pénétrer. Il faut d’abord pulvériser la motte afin de réduire la tension superficielle, et bassiner quelques minutes après. L’usage d’eau calcaire est à proscrire, elle laisse des traces sur les feuilles, le sol et la base du tronc vont se « croûter » de concrétions à éviter. A défaut d’eau de pluie, l’idéal est l’eau du robinet traitée à travers un filtre (peu onéreux), spécialement étudié pour les plantes (Aquaflor Brita). Les eaux minérales ne conviennent pas toutes.

Peut-on sortir le bonsaï d’intérieur quand il fait beau ?

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Crédit photo : cliff1066™ – flickr

C’est une bonne question car elle sous-entend des sorties temporaires, chose à éviter. Lorsque la décision est prise de le sortir, à la belle saison, il faut s’y tenir, ne pas le rentrer pour le ressortir sans cesse ni le changer de place et savoir que l’arbre va accuser chaque changement : des feuilles vont jaunir, voire tomber, ceci n’est pas grave. Il faudra le rentrer dès les premières nuits fraîches d’automne. Les bonsaïs d’orangerie doivent être sortis de mi-mai à mi-septembre, en respectant certaines précautions variables selon les essences : en mi-ombre, éviter le soleil direct ainsi que les vents forts et surtout les grands écarts de températures diurnes : jour-nuit, fréquents en fin de saison.

Les vrais bonsaïs d’intérieur (tropicaux) peuvent être sortis dans les mêmes conditions, suivant leur degré d’acclimatation. Votre bonsaï va, en effet, s’acclimater au fil des années à son environnement et à votre mode de vie, qui va devenir le sien, à condition de n’être pas trop pressé. Certains arbres sont plus adaptables que d’autres.

 

Quels sont les symptômes qui doivent alerter  ?

La couleur des feuilles du bonzaï : elles peuvent jaunir et tomber, suite à un déplacement.

  • Les feuilles jaunissent sans tomber : excès d’arrosage
  • Les feuilles perdent leur brillant, deviennent ternes et s’amollissent : arrosage insuffisant
  • Les feuilles présentent un aspect « plombé » : attaque d’araignées rouges

On distingue de petits amas de fils blancs, très collants, d’apparence laineuse, sur les feuilles, les aiguilles des conifères et les rameaux : ce sont des cochenilles lanigères.

Doit-on rempoter très vite un bonsaï ?

 

En principe non, mais il faut savoir à quoi s’en tenir. Le vendeur compétent aura indiqué l’année sur la fiche individuelle du sujet. En l’absence d’information, l’examen des racines, si la saison s’y prête, permettra un assez bon diagnostic. N’y procéder que si l’on est sûr de soi en la circonstance. Le rempotage d’un bonsaï d’intérieur empoté dans de la pâte à modeler (sujets vendus en grandes surfaces, importés de Chine ou des « usines » hollandaises) est urgent mais particulièrement délicat : il est préférable de le confier à un spécialiste.

 

Quelle taille faut-il pratiquer sur un bonsaï ?

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Crédit photo : Sergio Rael

La seule taille d’entretien du bonsaï est à la portée d’une personne non avertie : un coiffeur dirait « rafraîchir ». Elle consiste à maintenir la silhouette primitive de l’arbre dès que la croissance de printemps aura fait surgir des pousses dans toutes les directions : il convient de les rabattre à deux feuilles (trois pour les jeunes sujets). Si vous possédez un pré-bonsaï à structurer vous-même dans un style donné (exercice passionnant), la seule taille d’entretien est à entreprendre à une fréquence qui dépend de l’essence du sujet.

 

Existe-t-il des bonsaïs sans entretien ?

 

Le mot japonais bonsaï signifie arbre cultivé sur un plateau, ou une poterie : c’est un être vivant. Il existe effectivement des articles artificiels qui ont la couleur, la forme d’un bonsaï mais qui n’en sont pas. Ils ne sont d’ailleurs pas sans entretien. S’ils ne nécessitent pas d’arrosage, ils doivent être dépoussiérés une fois par semaine. On pourrait les appeler « arbres miniatures artificiels » : ils sont à un bonsaï ce qu’un épouvantail est à un jardinier. Il existe aussi des arbres « taxidermisés », qui coûtent plus cher qu’un bonsaï, et tombent en poussière dans les cinq ans.

 

Quels sont les espèces de bonsaï les plus solides ?

Il serait préférable de retourner la question en citant les plus difficiles à conserver. Dans la catégorie des intérieurs, le Serissa est très délicat, même pour les experts. Pour les intérieurs, il n’y aurait guère que les essences se prêtant mal à la miniaturisation, telles que les saules ou des catalpas, qu’il faut rempoter deux fois par an.

Une réserve toutefois pour les érables du Japon (palmatum) qui, en plein été, même à l’ombre, vont souffrir si l’on ne rafraîchit pas les poteries ainsi que la masse du feuillage.

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