Crédit photo : gravitat-OFF

Les bergénias font partie de ces plantes vivaces faciles à vivre qui rendent bien des services, soit dans une rocaille pour boucher un trou, soit en plante couvre-sol ou pour border un massif. Tour d’horizon descriptif de ces « oreilles d’éléphant », comme on les appelle encore dans nos campagnes.

 

Cultiver des bergénias

Bergenia-Bressingham-White

Crédit photo : Julie Anne Workman

Très à leur aise dans les sols frais, les bergénias sont tout aussi indispensables dans les endroits secs en été. Beaucoup de jardiniers les utilisent sans en connaître le nom et les véritables mérites. Cela tient sans doute à l’impact des substantielles améliorations apportées à ce genre proche des saxifrages, notamment par l’obtention de variétés à feuillage pourpre, et aussi au regroupement de ce type de végétaux, d’abord sous la rubrique Megasea et désormais sous celle de Bergenia.

En règle générale, les bergénias sont rustiques et possèdent une souche épaisse aux rhizomes drageonnant très lentement. Les feuilles d’un vert moyen prennent parfois des teintes rouges en automne, ce qui explique leur fréquente utilisation en couvre-sol. Les fleurs, conformes à celles des autres saxifrages mais plus grandes, apparaissent nombreuses dès le début du printemps, réunies en grappes terminales sur une hampe charnue de 15 à 30 cm de haut. Ces belles grappes de fleurs dont les couleurs vont du pourpre au blanc, en passant par le rose pâle, ajoutent à l’amplitude et la brillance naturelle du feuillage. Et si vous leur donnez un emplacement en pleine lumière, vous aurez droit à une floraison abondante et spectaculaire.

Le bergénia s’accommode d’à peu près tous les sols; même calcaires. Il apprécie les situations ensoleillées mais non torrides. Ainsi, dans les régions aux étés chauds et pour éviter les brûlures sur les feuilles, il vaudra mieux leur réserver un emplacement mi-ombragé, surtout pour l’après-midi, mais toutefois suffisamment dégagé.

Les bergénias poussent lentement dans les terrains qui restent trop longtemps secs. En revanche, leur croissance est nettement plus rapide en sol normalement arrosé, à plus forte raison lorsqu’ils sont installés en bordure d’une pièce d’eau ou d’un étang. Les souches prennent alors beaucoup d’ampleur au fil des années, s’enracinant aisément sur le parcours de leurs tiges traçantes. Un pied de bergénia atteint facilement un mètre de diamètre en cinq à six ans. A ce moment là, il sera utile de rechausser les rhizomes en les recouvrant d’une bonne couche de terre. Mais peut-être préfèrerez-vous procéder à la division des touffes charnues si celles-ci deviennent trop encombrées.

On peut presque dire que toutes les saisons conviennent pour la plantation des éclats de rhizomes, exceptées les périodes de gel. En effet, les rhizomes épais et serrés s’enracinent très près de la surface du sol.  Les mois de septembre et octobre semblent les plus propices à cet enracinement régénérateur. Les sujets munis de racines sont mis en place à 30 ou 40 cm les uns des autres, selon l’encombrement de la variété. Éliminez les mauvaises herbes autour des souches et apportez un peu de terreau à l’occasion du nettoyage de printemps. Il est bon de supprimer les hampes florales dès la fin de la floraison. Et n’hésitez pas à faire de même avec les plus anciennes feuilles. Ce nettoyage favorisera la repousse de nouvelles feuilles et donnera un regain de jeunesse à la plantation.

 

Zoom sur les variétés de bergénias

Bergenia-cordifolia

Bergenia cordifolia -
Crédit photo : Rasbak – wikimedia

Le Bergenia cordifolia doit son nom à ses feuilles vaguement en forme de cœur. C’est certainement l’espèce la plus répandue dans les jardins. Originaire des régions montagneuses de Sibérie, elle culmine à 30 cm et développe des feuilles amples de 15 à 20 cm de diamètre, qu’elle conserve durant l’hiver. Le bord des feuilles est ondulé et denté, et les inflorescences en cymes denses, légèrement retombantes, à peine dégagées du feuillage, sont constituées de nombreuses fleurs en clochettes de 2 cm de long, rose lilacé, à pétales arrondis, qui s’épanouissent en mars-avril.

A noter : la variété « Alba », aux fleurs blanches comme son nom l’indique, est bien plus hâtive ; « Grandiflora » offre des inflorescences bien marquées, et « Purpurea », aux fleurs de cyclamen et aux feuilles nuancées de pourpre, est d’une plus grande longévité.

Ces bergénias préfèrent la mi-ombre et demandent un sol riche et humide. En bordure d’une pièce d’eau, ils seront particulièrement heureux. Associez-les à des fougères, à des arums et des azalées, ou disposez-les au premier plan de petits bosquets ou encore dans une rocaille.

Le Bergenia crassifolia a été rapporté en 1765 de la région montagneuse de l’Altaï, en Sibérie et la Mongolie. De floraison précoce, ce bergénia possède un feuillage très décoratif et ne dépasse guère 30 cm de haut. Sur fond de feuillage luisant, les fleurs se détachent jusqu’à 30 cm de haut. Rouges, pourpres ou lilacées, ces grappes de clochettes fleurissent de janvier à avril. Le Bergenia prupurascens a été trouvé en 1850 au Sikkim, parite méridionale indienne de l’Himalaya. La plante type n’a guère que 15 à 30 cm de hauteur. Les hampes florales rougeâtres s’épanouissent en avril-mai au-dessus d’un feuillage glabre plus étroit que B. crassifolia. Le B. delavayi, aux fleurs pourpre rosé possède un feuillage vert au printemps qui devient cramoisi en hiver. Il est si proche de B. purpurascens que l’on a parfois tendance à les confondre. L’hybride « Ballawley » a un développement plus important que ses parents, avec des feuilles plus larges et bien luisantes aux nervures marquées, lesquelles virent au violet en hiver. Les fleurs, également plus grandes, éclatent en un beau rouge fuchsia au-dessus du feuillage en avril-mai.

Le Bergenia stracheyi est originaire du Cachemire. Cette espèce, aux feuilles plus petites et arrondies, est moins tapissante que les précédentes. La hampe florale porte des fleurs rose vif à pointes jaunes, écloses en mars-avril. Il en existe une variété à fleurs blanches. Les hybrides suivants ont une floraison plus abondante que le type et existent dans une large gamme de coloris : « Abendglüt », relativement naine, a des fleurs cramoisies et presque doubles, de 2 cm de diamètre sur hampes de 25 cm. Au coucher du soleil, elles sont presque phosphorescentes. Les feuilles prennent une teinte bronze cuivré en automne. « Siberlicht » offre des fleurs d’un blanc argenté qui se forment en avril et dont les calices sont légèrement nuancés de rose. A noter que le feuillage peut virer au rouge bronze en automne.

Vous aimerez aussi :