Avec leurs têtes ébouriffées, les acaenas jouent les couvre-sol méchants, alors qu’ils sont au contraire pleins de bonne volonté. Découvrez avec nous les cousines australes de nos potentilles…

Prenez l’ancêtre de la potentille, jetez-le de l’arche de Noë sur le continent de Gondwana, attendez la séparation des continents, laissez mijoter… et vous obtiendrez un acaena. C’est à peu près ce scénario qui a dû se passer, et qui nous permet aujourd’hui de profiter de ce genre étrange. Il a beau faire partie des Rosacées, comme les potentilles, et lui ressembler par bien des côtés, on ne peut s’empêcher de le trouver bien étrange, et donc prodigieusement attirant pour tout jardinier amateur de bizarreries, ce qui est presque un pléonasme.

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Tapis végétal produit par l’acaena zelandiae

Malheureusement, le nom latin restera longtemps un handicap, car comment prononcer : à la niçoise « asséna », ou à la suédoise « akéna » ? Et pourquoi pas « akhéna » car le camarade Linné est allé chercher dans le grec cette appellation qui fait référence à l’épine, allusion aux fines épingles du calice et du fruit de cette plante.

Tous les acaenas aiment une situation ensoleillée mais ils tolèrent également la mi-ombre. Ils se satisfont de la plupart des sols, excepté ceux trop lourds et humides. Pour les propager, rien de plus simple, il suffit de séparer des brins de tiges, de préférence avec un nœud muni de racines.

Plantation des acaenas

On trouve les acaenas en godets. Plantez-les au potager la première année, et divisez ensuite les touffes en quatre ou cinq éclats bien munis de racines.

  • Plantez en automne ou au printemps, à 25 cm d’écartement pour obtenir un effet de masse rapidement
  • Arrosez et paillez en été avec du compost bien décomposé que vous ferez glisser jusqu’au sol en caressant le feuillage du plat de la main

Entretien des acaenas

On se contente d’enlever les mauves herbes apparues pendant les deux premières années. Par la suite, le tapis est posé pour de nombreuses années.

Le petit truc qui change tout : plantez des bulbes nains à l’automne pour égayer un peu ce tapis. Le iris nains (reticulata et danfordiae), les crocus et narcisses botaniques adorent les acaenas. Vous pouvez également planter des sternbergias en été, pour leur floraison automnale jaune d’or.

Quel acaena choisir ?

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Belles teintes de l’acaena caesiiglauca

Acaena anserinifolia : plante australienne et néo-zélandaise, poussant dans les prairies. La tige principale ligneuse dépasse 1m de long, et s’enracine par endroits. Les rameaux ascendants, hauts de 10 cm, portent des feuilles persistantes d’un vert olivâtre. Les capitules forment des têtes de 1,5 cm de diamètre, en été. La variété « Blue Haze » possède un feuillage bleuté. A associer à des sédums pourpres.

Acaena caesiiglauca : une plante des montagnes de Nouvelle-Zélande, aux feuilles persistantes aux reflets bleutés accentués.

Acaena novae-zelandiae : Feuillage vert foncé à revers plus pâle et fleurs portées sur des tiges de 10 cm, en juin-juillet.

Acaena buchananii : trouvé dans le lit des ruisseaux néo-zélandais et parmi les grandes graminées en touffes. Il forme des tapis denses de feuillage persistant, souvent bleuté. Les capitules sont vert jaunâtre au départ puis tournent au brun chaud en automne.

Acaena microphylla : excellent couvre-sol qui a donné naissance à la variété « Kupferteppich’ (= tapis de cuivre), très appréciée chez le jardiniers allemands, en particulier pour son feuillage brun rouge. Les capitules rouge pourpre sont dans un camaïeu délicat. Extra en rocaille et en bordure dans un jardin un peu sauvage. On le parsèmera de graminées pour donner du tonus.

Acaena magellanica : on passe à un autre continent, la Patagonie et la Terre de feu. Avec ses tiges rampantes rougeâtres, ses feuilles persistantes bleutées, il fait beaucoup d’effet. En fleurs en juin-juillet;

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