Le jardin de plantes médicinales est une tradition très ancienne. Nos aïeuls se soignaient encore, au début du siècle, avec des plantes médicinales, des « simples » comme on les appelait au Moyen Âge dans les jardins des monastères et des couvents. Et aujourd’hui, médecine naturelle ou recherche de bien-être sont de retour dans nos jardins, elles s’insinuent dans les plates-bandes et dans les massifs, tiennent compagnie au thym, à la menthe, au romarin ou au basilic. Les citadins les mettent en pot, les cultivent sur un balcon ou sur une terrasse. Chacun peut composer à sa guise sa trousse de pharmacie naturelle.

Les principales plantes médicinales et leurs vertus

Il existe un très grand nombre de plantes médicinales qui peuvent être cultivées dans nos jardins. Certaines sont d’ailleurs des plantes condimentaires ou des légumes. Au risque de faire disparaître leurs qualités thérapeutiques, elles ne supportent aucun traitement chimique.

« À chaque mal, sa plante », c’est ainsi qu’on se soignait autrefois. Le précepte est toujours d’actualité. Voici quelques exemples de maux courants associés à une ou plusieurs plantes :

  • contre les troubles digestifs : l’anis, le radis noir, le romarin ;
  • contre les fièvres : la petite camomille, la verveine officinale ou la benoîte ;
  • contre la sinusite, la toux, la bronchite, le rhume : l’eucalyptus ;
  • contre les maux de ventre : la menthe, la camomille romaine, l’absinthe ou le chardon ;
  • contre l’anxiété : le thym, la valériane, la camomille matricaire ;
  • contre l’eczéma, les règles douloureuses : la bourrache ;
  • pour cicatriser une plaie : le souci ;
  • contre les rhumatismes : le cassis ;
  • contre l’insuffisance cardiaque : l’aubépine ;
  • pour stimuler les défenses immunitaires, contre l’infection : l’échinacée ;
  • contre les insomnies, les attaques parasitaires et l’asthme : la lavande ;millepertuis
  • contre les troubles du sommeil, la fièvre, les refroidissements : le tilleul ;
  • le thym est un puissant antiseptique ;
  • le millepertuis (l’herbe de la St Jean) est un antidépresseur naturel.

Et n’oubliez pas, pour ceux qui sont sensibles aux vertus magiques des plantes : l’amarante, censée apporter guérison et… immortalité, ou bien la sauge officinale, aux vertus curatives universelles : elle soigne aussi bien les maux de gorges, les troubles hormonaux, les troubles de la digestion, l’asthme, les bouffées de chaleur, les aphtes ou les piqûres d’insectes !

Planter des plantes médicinales dans son jardin

Pour planter des plantes médicinales, commencez par choisir un endroit approprié au jardin. Pour la plupart (l’échinacée, par exemple), il faudra beaucoup de soleil, tandis que d’autres auront besoin de la mi-ombre (la valériane), à l’exception des plantes de sous-bois.

Une terre modérément riche (ajoutez du compost bien mûr au printemps ou un compost un peu moins mûr l’automne précédent), qui s’égoutte bien, est idéale pour la majorité des herbes et plantes médicinales.

Aérez le sol à la bêche ou au motoculteur avant de transplanter les pousses ou de semer les graines.

Arrosez au besoin, et désherbez régulièrement, particulièrement dans le cas de plantes qui croissent lentement, comme le thym et la sauge.

La culture des plantes médicinales en pot : sur votre balcon ou votre terrasse

Pour la culture en pot ou en jardinière, choisissez un terreau pour plantes d’intérieur du commerce. Remplissez le pot, arrosez abondamment, laissez reposer une heure ou deux, puis transplantez vos pousses.

Arrosez régulièrement vos plantes en pot, surtout si elles sont exposées au vent desséchant de l’été ou à la chaleur sèche du système de chauffage.

L’été, pensez à retirer les pots des rebords de fenêtres ensoleillés si l’ombre partielle est nécessaire aux plantes. Si vous avez de la sauge, du romarin et du thym, vous pouvez mettre ces plantes dans un même pot, elles ont toutes les trois besoin de beaucoup de soleil et de peu d’eau.

La cueillette des plantes médicinales : leur conservation et leur utilisation

Attention, toutes les parties d’une plante médicinale ne sont pas utilisables : pour les unes, ce seront les feuilles (menthe, verveine, sauge…), pour d’autres les fleurs (tilleul, camomille, lavande…), les graines (bourrache, anis…) ou les racines (valériane, radis noir…), ou bien l’écorce s’il s’agit d’un arbre (saule…). Ne récoltez les parties utiles de la plante que quand les fleurs sont à peine ouvertes et les feuilles bien vertes, de préférence le matin, et par temps sec et ensoleillé. Lavez-les bien et essuyez-les avec précaution.

Après la récolte, feuilles et fleurs doivent être séchées dans un lieu sec et bien aéré, si possible sur du papier neutre. Afin de préserver toute l’activité de la plante, il est également indispensable de conserver les plantes séchées dans des récipients hermétiquement fermés, qu’ils soient en carton ou en verre, ou dans des sachets de tissu ou de papier, et de les stocker dans une pièce bien aérée. On les consomme en tisane, en utilisant de l’eau frémissante (et non bouillante) pour qu’elles conservent toutes leurs vertus. Il faut compter au moins 1 an avant de pouvoir y goûter.

Vous voilà maintenant presque devenu « jardinier pharmacien ». Soyez prudent tout de même, et ne négligez pas les traitements plus conventionnels, remboursés ou non par la sécurité sociale. L’essentiel, c’est la santé !

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