Réaliser un potager bio, c’est adhérer à un art de vivre respectueux des rythmes saisonniers, de la terre et de l’environnement. C’est également faire le choix de se nourrir sainement, de retrouver des saveurs oubliées, sans gaspillage. Voici les principes généraux et nos conseils pour créer votre potager biologique.

Les conditions pour créer un potager bio

  • L’exposition du jardin. Choisissez un endroit ensoleillé, protégé du nord, des vents dominants et exempt de toute pollution.
  • La qualité du sol. C’est l’élément principal d’un potager bio. Cherchez à obtenir un sol à pH neutre, plus favorable à la plupart des cultures de fruits et légumes. Il faut équilibrer le pH en fonction de la nature du sol (sol acide ou calcaire).
  • La fertilisation du sol. La production de fruits et légumes crée une exportation de minéraux dont les plantes ce sont nourries. Chaque année, il faut donc apporter les éléments minéraux nécessaires aux plantes pour ne pas épuiser le sol du jardin ou créer des carences. En culture biologique, les apports fertilisants sont fournis uniquement par de la matière organique. Une fois décomposée par la micro-faune et la micro-flore du sol, la matière organique se transforme en humus. Cet humus va progressivement libèrer des éléments fertilisants, assimilables par les plantes. En jardinage biologique, l’essentiel de la matière organique est constituée de compost produit sur place. On peut également apporter du fumier composté (type Or Brun), du sang séché, de la corne broyée, du guano, de la poudre d’os, du tourteau de ricin, des algues séchées, etc. On peut également apporter quelques engrais minéraux d’origine naturelle comme le phosphate naturel, la poudre de roche volcanique, la dolomie, etc.
  • Le climat. Tous les fruits et légumes ne poussent pas dans n’importe quelle région. Un conseil : cultivez de préférence des variétés locales qui seront les plus adaptées à votre sol et aux conditions climatiques de votre région.

Principes essentiels pour créer un potager bio

  • Point essentiel : aucun pesticide de synthèse n’est utilisé (fongicide, herbicide et insecticide) ni aucun autres produits chimiques polluants (engrais…). Le principe est de faire confiance à la nature, de miser sur la prévention et d’appliquer des méthodes simples et naturelles autrement dit, biologiques.
  • Économisez l’eau est un principe de base du potager bio. Préférez biner régulièrement que d’arroser trop souvent, et, l’été, effectuez vos arrosages tôt le matin ou en soirée. Récupérez l’eau de pluie, ce sera une manière d’arroser « économique et écologique ».
  • Recréez un petit écosystème. Ne travaillez le sol que superficiellement pour préserver l’équilibre de la micro-faune et de la micro-flore de surface. Respectez la vie autour de votre potager (hérisson, vers de terre, fourmis et autres insectes). Fabriquez des nichoirs pour attirer les oiseaux et plantez des plantes favorables à la vie des auxiliaires du jardinier telle que la sauge pour attirer les abeilles, assurant une bonne pollinisation des plantations.
  • Protéger votre sol. Le paillage ou le mulching sont systématiquement pratiqués en jardinage biologique. Le principe est de ne jamais laisser un sol nu, favorable au lessivage des éléments fertilisants. Le paillis est constitué de débris végétaux de toute nature (feuilles mortes, tonte sèche de gazon, paille, chanvre, coques de cacao) ou même de carton. L’atout principal du paillis est la préservation des premiers centimètres du sol. Il protège le sol de la pluie et permet un écoulement de l’eau en douceur, sans ruissellement ni tassement de la terre. Le paillage va favoriser une vie intense dans les premiers centimètres du sol. Cette activité de la micro-faune et de la micro-flore du sol décompose efficacement la matière organique en humus puis en éléments fertilisants. Au fil du temps, le paillis végétal se décompose et apporte de la matière organique au sol. Le paillage limite la perte par évaporation de l’eau du sol et empêche la germination des herbes concurrentes des légumes. Enfin, le paillage évite au sol de se refroidir la nuit, favorisant la germination des semis et la reprise des plants au printemps.
  • Produisez votre compost. Un bon compost est enrichi par des apports variés : déchets de jardin (taille de végétaux, tonte de gazon, feuilles mortes, fleurs fanées, etc.), déchets de cuisine (fanes, épluchures, marc de café, etc.) et déchets de la maison (cendres de bois, carton, essuie-tout). Comptez environ 6 mois pour obtenir un compost bien décomposé.

Organisation et protection naturelle dans le potager bio

  • creer-potager-bio-legumes-organisation-plantations

    Crédit photo : Flickr-
    Sylvain Naudin

    Le travail de la terre. En jardinage biologique, le paillage préserve les sols et maintient la terre meuble, favorable à l’enracinement des légumes. Le travail de la terre s’en trouve réduit. Choisissez des outils « soft » et utilisez une bêche écologique (appelée Grelinette ou biogrif selon les fabricants). Cette bêche à fines dents décompacte et aère la terre sans bouleverser l’équilibre biologique en surface. C’est au moment du bêchage que vous incorporerez votre compost ou toutes autres matières organiques indispensables à votre sol.

  • Les bonnes associations de légumes. Certaines plantes vont stimuler mutuellement leur croissance. D’autres associations agissent comme répulsif respectif des ravageurs de chaque culture. Chaque légume protègent ainsi l’autre.
  • L’organisation des plantations. Pour faciliter le travail du sol, divisez votre potager en carrés ou en bandes, séparés par de petites allées. Les rangs de semis vont être prévus de façon à associer les plantes complémentaires côte à côte.
  • Une rotation annuelle des cultures. Elle permet une alternance des cultures de plantes dont les besoins en nutriments sont différents. La rotation des cultures a aussi l’avantage de réduire la propagation des maladies, l’invasion des nuisibles et la colonisation par les mauvaises herbes.
  • Une protection naturelle. Le basilic, l’œillet d’Inde et le souci sont de bons répulsifs. Semez-les tout autour de vos carrés potagers ou de vos bandes.
  • Le désherbage et les traitements naturels. En cas de maladie ou d’invasion de parasites, des produits naturels, purins et décoctions de plantes maison protégeront vos cultures. Le paillage limite la pousse des plantes concurrentes souvent appelées « mauvaises herbes ». Un simple désherbage mécanique ou manuel suffit.
  • La faune auxiliaire du jardinier. Favorisez sa présence en installant une haie, une mare ou même des abris spécifiques (nichoirs, tas de branchages et de feuilles…). La présence des auxiliaires du jardin favorisera la biodiversité et limitera la présence des nuisibles en attirant leurs prédateurs. Par exemple, un hérisson vous débarrassera naturellement d’un grand nombre d’escargots et de limaces. Vos salades ne s’en porteront que mieux.

Vous aimerez aussi :