Sans choux, un potager se sent triste : ils allient comme personne la rondeur et un raffinement certain dans les coloris, surtout quand la pluie ou la gelée blanche se chargent de les décorer. Voici comment cultiver les choux dans le potager.

Cultiver les choux : les problèmes les plus fréquents au potager

conseils pour bien planter les choux dans le potagerLe chou est un légume gourmand, qui ne doit pas revenir trop souvent au même emplacement. Faites le suivre d’une culture de petits pois ou de fèves, ou encore de pommes de terre précoces. N’oubliez pas de corriger l’acidité excessive en ajoutant un peu de chaux ou mieux de dolomie, vous éviterez ainsi la hernie du chou, un champignon affreux qui cause une déformation de la tige.

Arrosez avec du purin d’ortie une ou deux fois en cours de saison, et n’hésitez pas à recouvrir le sol avec du compost ou des déchets de tonte de gazon, après avoir décroûté avec une binette. De toute façon, le chou attend souvent septembre pour prendre son ampleur, avec le retour des nuits fraîches.

Les pucerons gris pullulent souvent en juin-juillet soit au cœur même des jeunes plants soit au revers de feuilles. Il s’en suit un jaunissement partiel, parfois un arrêt de la végétation voire un dépérissement. Dès que vous repérez ces attaques, arrosez au jet en cherchant à faire tomber les pucerons. C’est souvent suffisant. Sinon, un traitement à la roténone limitera l’invasion. D’autres pucerons s’attaquent aux racines. Dans ce cas, le plant reste malingre. Il vaut mieux arracher un chou ayant si mal démarré.

Cultiver le choux au potager : les règles d’or du jardinier

conseils et astuces pour cultiver les choux dans le potagerPrécepte numéro 1 : ne cherchez pas à obtenir des choux-fleurs aussi beaux que ceux du commerce. Vous n’avez ni le climat ni les terres des Bretons ! En revanche, vous pouvez parfaitement cueillir des choux-fleurs gros comme deux poings, et d’une finesse de goût incomparable. Pour cela, choisissez des variétés dites d’été ou d’automne. Semez-les en mars-avril, repiquez une première fois en caissette ou en châssis, puis en pleine terre en mai-juin. Arrosez très régulièrement car le moindre arrêt végétatif fait venir l’inflorescence, parfois si tôt qu’elle sera à peine grosse comme un œuf. Quand les pommes blanches surgissent, redoublez d’attention : arrosez au purin d’ortie et cassez une feuille au-dessus d’elles pour préserver leur éclat. Et par pitié, cuisez-les à la vapeur.

En hiver, les plus résistants au froid sont les choux violacés, style Pontoise ou Vaugirard, mais leurs feuilles sont parfois un peu coriaces. Les Milan, un peu frisés, sont autrement plus tendres et ils seront encore vaillants en janvier.

Les choux rouges se garderaient bien si les feuilles extérieures ne se desséchaient parfois en enserrant la pomme qui risque alors de pourrir. Quant aux choux de Bruxelles, ce sont les champions toutes catégories : plus il gèle, meilleurs ils sont. Mais ne vous avisez pas de couper leur toupet de tête, ils deviennent alors sensibles au froid.

Les choux n’aiment pas les tomates et c’est mutuel. En revanche, on peut parfaitement repiquer des laitues entre les choux et faire ainsi une récolte avant que ces derniers n’aient atteint leur plein développement. Les céleris apprécient autant qu’eux les bonnes terres fraîches et les apports de purin d’ortie. Les choux raves, qui prennent moins de place, peuvent alterner avec des betteraves rouges. Pour le coup d’œil, semez et repiquez une ligne de clarkias entre les choux verts, et des zinnias à côté de choux rouges, c’est superbe.

Comment manger le chou rouge ?

On est parfois embarrassé avec eux, car tout le monde n’apprécie pas le chou rouge râpé à haute dose. Vous pouvez le faire cuire, à la mode flamande. Pour cela, il vous faudra autant de pommes que de chou, d’une variété un peu acidulée de préférence, et une bonne quantité de poitrine fumée en petits morceaux.

Après avoir fait roussir un oignon coupé en lamelles, disposez le chou rouge, découpé en fines lanières, comme si vous faisiez de la choucroute, par lits successifs, en alternant avec les pommes coupées en tranches et les lardons, sans ajouter la moindre goutte d’eau. Posez la cocotte sur feu doux, remuez délicatement de temps à autre. La préparation va réduire de moitié car les pommes vont fondre, et même prendre un peu au fond, c’est encore meilleur. Ajoutez une rasade de vinaigre de cidre à la fin pour aviver la couleur du chou, et servez avec un filet mignon ou des travers de porc croustillants.

Avec la participation de Jean-Paul Imbault

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