Dans la famille des choux, le plus rare dans les potagers est certainement le chou-fleur. Il constitue pourtant une marchandise de première importance sur les étals des marchés.

La tribu des choux s’est souvent pris la tête, rouge ou frisée selon les races et parfois même celle-ci a carrément explosé en bouquet. Examinons de plus près ce prince du potager qu’est le chou-fleur.

Histoire du chou-fleur

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Variétés de chou-fleur colorées

On trouve trace de ce chou dans l’Antiquité avec Pline. Il cite quelque chose qui devait ressembler à un brocoli ou un chou à jet. Les Romains consommaient les cymae, ou pousses charnues, très recherchées des gourmets. Le pourtour méditerranéen semble la patrie d’origine du chou-fleur. La tradition lui assignant l’île de Chypre, connue également pour être le lieu de naissance de Vénus. Cette légende permit aux marchands de faire de confortables profits par la suite, en vendant la graine de cette île, ainsi que celle venue de Malte ou de Crête, les jardiniers du grand siècle n’en voulant point d’autres. En fait, des traités arabes du XIIe siècle dans lesquels ce légume est déjà décrit et appelé chou de Syrie, mettent sur la piste d’une naissance plus orientale. Avec le jeu des invasions et des échanges, il est probable que le chou-fleur fut d’abord cultivé en Espagne. C’est par l’influence italienne qu’il s’est ensuite introduit dans nos repas puis nos jardins. Encore rare au XVIe siècle, il est déjà remarqué par Olivier de Serres qui lui prédit un rang honorable pour sa délicatesse. Henri IV le goûtait fort en potage ou en salade.

Le chou-fleur est une fleur

Ce rapide aperçu des origines du chou-fleur permet de mieux comprendre ses exigences. Rappelons au passage que ce que nous consommons n’est autre que la base des fleurs, largement hypertrophiée et serrée. Les fleurs elles-mêmes avortent pour la plupart et les ramifications le long desquelles elles sont distribuées sont fortement développées et forment ce bouquet blanc parfois entrecoupé de petites feuilles. Or le chou est d’un naturel bisannuel, c’est-à-dire qu’il ne fleurit qu’après un hiver et près de dix mois de culture. On retrouve ce cycle chez les choux-fleurs brocolis, qui ne sont pas seulement verts comme on l’imagine parfois. Semés en mai-juin, ces choux végètent pendant l’été et l’automne, passent l’hiver dehors puis forment leur tête de mars à juin. La plupart des choux-fleurs bretons appartiennent à cette catégorie. Il est facile de comprendre qu’un hiver doux est nécessaire pour permettre leur développement.

Culture du chou-fleur

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Le chou brocoli est une variété de chou-fleur

La culture des choux-fleurs est une des plus simples et en même temps des plus difficiles à bien faire. Commencez par un semis en mars, sous châssis, un premier repiquage un mois plus tard, encore sous châssis. Puis un repiquage final, dans le coin de potager le plus riche, là où aucun chou ne l’aura précédé depuis des années. Dosez les arrosages pour ne pas noyer le plant, qui ne pousserait pas, ni le fatiguer par excès de sécheresse. Au bout d’un mois, la végétation redémarre pleinement. Les feuilles dressées se déploient, en petit nombre mais avec générosité ; c’est alors que vous vous apercevrez qu’une distance de plantation de 80 cm en tous sens n’est pas un luxe. Accentuez alors les arrosages, condamnez la famille à ne pas partir en vacances pour guetter la venue des dômes immaculés. Abritez ces derniers sous une feuille cassée pour leur éviter de jaunir au soleil.

Mais n’est-ce pas un charme supplémentaire de ce dandy, qui justifiera certainement aux yeux des vrais jardiniers qu’on lui alloue un coin de potager.

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