Les papillons sont de plus en plus rares, décimés par l’usage des pesticides. Rien n’est encore perdu. Voici comment les attirer, les nourrir et favoriser leur reproduction. Votre jardin deviendra une oasis pour les papillons. En retour, ils l’enchanteront par leurs couleurs et leurs ballets aériens.

Les bases d’un jardin à papillons

  • Principe d’équilibre incontournable : renoncez aux pesticides et autres traitements chimiques. Ils éliminent sans distinction les insectes et les petits animaux. Employez plutôt des traitements dits « bio », sans danger pour l’environnement.
  • Les papillons aiment le soleil. Encouragez-les à venir vous rendre visite, en installant vos plantes et vos massifs à fleurs dans les endroits ensoleillés.
  • S’ils se plaisent au soleil, les papillons n’aiment pas le vent. Pour les protéger, plantez des arbustes à proximité de vos massifs et recouvrez vos clôtures de plantes grimpantes comme le lierre.
  • Les papillons ont besoin d’eau pour se désaltérer régulièrement. Surtout pendant les fortes chaleurs. À défaut d’une mare, aménagez un petit bassin ou installez un abreuvoir à oiseaux. Selon les cas, ils attireront de nombreux amis qui viendront s’y désaltérer ou s’y baigner : libellules, abeilles, coccinelles, grenouilles, oiseaux….
  • Proscrivez l’idée d’un jardin parfaitement net. C’est plutôt contre-indiqué pour attirer les papillons. Ils aiment plutôt le style sauvage du jardin de curé. Si vous avez un grand jardin, réservez un petit coin sauvage où vous laisserez pousser en toute liberté les herbes et les fleurs sauvages (l’ortie est à la fois un nid pour la reproduction des papillons et une plante nourricière quand elle est en fleur). Pour donner de la couleur à votre petite friche, vous pouvez y jeter à la volée ces mélanges « spécial papillons » qu’on trouve dans les jardineries. Ils aimeront y batifoler avec les sauterelles.
  • Faites un effort : tolérez la présence des chenilles (sans chenilles, pas de papillons !). Sacrifiez, s’il le faut, quelques feuilles de choux avant qu’elles ne se métamorphosent en Belle-dame ou en Robert-le-diable. (Personnellement, c’est sur ce dernier point que je bloque. Mon potager c’est sacré !)

Favoriser la biodiversité

Machaon sur du buddleia

Machaon sur du une fleur de buddleia (Source : Thomas Bresson – Wikimedia)

Le secret d’un jardin à papillons réside dans la diversité de ses plantations et l’étalement des floraisons dans le temps. Commencez par une haie champêtre aux espèces variées qui fleurira tout au long de l’année (ou presque). Optez pour une haie foisonnante composée d’une grande variété d’arbustes aux fleurs colorées et odorantes. Composez votre haie avec des espèces qui serviront de nourriture aux chenilles et de source de nectar pour les papillons.

En premier lieu, plantez des buddléias, si justement nommés « arbres à papillons ». Ses grappes colorées et parfumées font le délice des papillons. Autre régal des papillons, l’abélia de Chine qui fleurit comme le buddléia, de juillet à septembre.

Les autres essences d’arbustes appréciés des papillons : l’aubépine commune ou épine rouge et la viorne carlcephalum.

En haie basse ou en massif, la potentille arbustive présente l’avantage de fleurir d’avril à octobre.

Le grand sedum est un petit arbuste de massif de 40 à 50 cm de haut qui régale les papillons sur la fin de l’été.

Les plantes sources de nectar

Les papillons recherchent les fleurs de votre jardin qui contiennent du nectar et ont une forme tubulée adaptée à appareil buccal. D’une manière générale, les papillons préfèrent les fleurs champêtres car elles produisent plus de nectar. Ils volent de fleur en fleur sur les pissenlits, coquelicots, marguerites, bourraches, séneçon de Jacob ou trèfles.

Macroglossum stellatarum

Moro-sphinx ou Sphinx du caille-lait (macroglossum stellatarum) butinant des fleurs de géranium (Source : Thomas Bresson – Wikimedia)

Au jardin, on trouve les fleurs les plus appréciées des papillons dans les familles des achillées, asters, centaurées, centranthus ou valérianes, cardères, chardons, échinacées, lychnis, scabieuses et sédums.

En entrant dans le détail, voici les sources de nectar préférées des papillons : lavande, souci, mauve, bleuet, œillet de poète, eupatoire, pois de senteur, giroflée ravenelle, cataire ou nepeta ou encore “herbe aux chats”, silène, gaillarde, cosmos, digitale, delphinium, rudbeckia, ail d’ornement, grande astrance ou radiaire, saponaire, centaurée et hesperis ou julienne des dames.

Au potager, plantez des herbes aromatiques : aneth, hysope, menthe, origan, sauge, thym et verveine. Les papillons s’enivreront de leurs parfums et y trouveront le nectar dont ils raffolent.

Pensez à l’arrière-saison car les fleurs sont moins nombreuses. Les papillons sont pourtant toujours là, tant que les premiers froids n’arrivent pas. Privilégiez les scabieuses, la valériane des jardins (mai à septembre), l’aster d’automne (août à novembre), l’orpin (d’août à octobre)

Des plantes pour nourrir les chenilles

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Chenilles de papillon Paon du jour sur une ortie (Source Aconcagua – Wikipedia)

Qui dit papillon dit inévitablement chenille. On n’a pas l’un sans l’autre et inversement. Pour devenir papillons, les chenilles ont besoin elles aussi de trouver la nourriture qui leur convient dans votre jardin. On les appelle plantes hôtes. Selon les espèces de papillons, leurs chenilles se délectent d’orties, de choux, de chardon, de trèfle, de plantain, d’ancolie ou encore de sureau. Ne les oubliez pas !

Vous vous êtes certainement posé la question : où partent les papillons l’hiver venu ? Il y a ceux qui migrent vers des contrées plus clémentes (Maghreb ou Afrique subsaharienne) et les autres, moins voyageurs, qui hibernent, dans un appentis ou une grange, ou encore dehors, cachés sous les feuilles du lierre qui recouvre votre clôture, en rêvant au printemps.

( Crédit photo de couverture : Luc Viatour – Wikimedia)

En savoir plus sur l’Office Pour les Insectes et leur Environnement (OPIE)

 

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